La traduction des relevés bancaires est-elle nécessaire pour louer un logement en France ou à l’étranger ?

Pour louer un logement en France ou à l’étranger, le propriétaire ou l’agence immobilière peut demander plusieurs justificatifs destinés à évaluer la situation financière du candidat. La traduction de relevés bancaires pour louer un logement peut être utile lorsque le candidat présente ces documents dans une langue que le destinataire ne comprend pas. Les règles applicables dépendent toutefois du pays, du type de location et des justificatifs effectivement demandés. 

Couple visitant un logement avec une agente immobilière pour préparer un dossier de location en France ou à l’étranger

Pourquoi des justificatifs financiers sont-ils demandés pour louer un logement ?

Avant d’accepter un candidat, le propriétaire ou l’agence cherche généralement à vérifier sa capacité à payer régulièrement le loyer et les charges. Le dossier peut donc contenir différents justificatifs relatifs aux revenus, à la situation professionnelle et, le cas échéant, aux garanties apportées par une caution.

En France, la réglementation encadre les pièces qu’un propriétaire ou une agence peut demander au candidat locataire et à sa caution. Elles peuvent notamment comprendre des bulletins de salaire, un avis d’imposition, certains justificatifs de prestations, une attestation de ressources pour les travailleurs non salariés ou un justificatif de revenus fonciers

À l’étranger, les justificatifs demandés peuvent varier selon la réglementation locale, les pratiques du marché locatif ou les exigences du propriétaire, de l’agence ou de l’organisme chargé d’examiner le dossier. 

Une agence immobilière peut-elle demander des relevés bancaires en France ?

En France, pour un logement vide ou meublé loué à titre de résidence principale, un propriétaire ou une agence immobilière ne peut pas exiger librement tous les documents qu’il souhaite. Le décret du 5 novembre 2015, consultable sur Légifrance, fixe la liste des pièces autorisées. Un propriétaire ou une agence ne peut donc imposer au candidat locataire ou à sa caution aucun justificatif qui n’y figure pas. 

Un relevé de compte bancaire complet ne fait pas partie des justificatifs pouvant être exigés pour un dossier locatif classique. L’Agence nationale pour l’information sur le logement rappelle notamment qu’un bailleur ne peut pas réclamer ce document au candidat. 

La traduction de relevés bancaires n’est donc généralement pas nécessaire pour louer un logement privé en France lorsque le propriétaire demande uniquement les justificatifs prévus par la réglementation.

Cependant, un candidat peut parfois souhaiter présenter volontairement un document bancaire étranger pour compléter son dossier, par exemple lorsqu’il ne dispose pas encore de bulletins de salaire français. Avant de le transmettre, il est préférable de vérifier que le document est réellement utile et qu’il ne contient pas plus d’informations personnelles que nécessaire.

Dans quelles situations une traduction peut-elle être utile ?

Dans certains pays, les agences immobilières ou les propriétaires peuvent demander des justificatifs financiers complémentaires lorsque le candidat est étranger ou perçoit ses revenus dans un autre pays. La traduction permet alors de présenter des documents compréhensibles sans modifier leur contenu. 

Le candidat peut avoir besoin de faire traduire ses documents bancaires lorsqu’il présente des ressources ou une épargne détenues dans un autre pays. Cela peut notamment concerner :

  • un étudiant récemment arrivé en France ;
  • un salarié expatrié ou muté à l’étranger ;
  • un travailleur indépendant percevant des revenus dans plusieurs pays ;
  • un candidat dont le garant réside à l’étranger ;
  • une personne qui cherche à louer un logement hors de son pays de résidence ;
  • une personne qui dépose son dossier auprès d’une résidence privée, d’un bailleur institutionnel ou d’une plateforme internationale

Dans ces situations, la traduction permet au destinataire d’identifier clairement le titulaire du compte, la banque, les soldes indiqués, la période concernée et la nature générale du document. 

Elle ne transforme toutefois pas le relevé bancaire en justificatif obligatoire ou automatiquement recevable. Le candidat doit toujours vérifier les exigences précises de l’organisme qui étudie son dossier.

Les documents étrangers doivent-ils être traduits pour louer en France ?

Lorsqu’un justificatif autorisé est rédigé dans une langue étrangère, la réglementation française prévoit qu’il doit être rédigé ou traduit en français. Les montants figurant sur le document doivent également être convertis en euros. Le propriétaire peut demander à voir l’original, même si une copie lui a été remise. 

Cette règle concerne les justificatifs effectivement autorisés dans le dossier de location, par exemple :

  • un avis d’imposition étranger ;
  • un contrat de travail établi à l’étranger ;
  • des bulletins de salaire étrangers ;
  • une attestation de ressources ;
  • des documents relatifs à la caution ;
  • un justificatif de revenus fonciers ou de capitaux mobiliers.

Il convient donc de distinguer les justificatifs autorisés dans un dossier locatif des documents que le propriétaire ne peut pas exiger. Lorsqu’un justificatif étranger figure parmi les pièces autorisées, sa traduction en français peut être nécessaire. 

Une traduction assermentée est-elle obligatoire ?

En France, le décret exige que les documents étrangers soient rédigés ou traduits en français, mais il ne précise pas que la traduction doit être réalisée par un traducteur assermenté. 

Selon les règles du pays de location ou les consignes de l’organisme qui examine le dossier, une traduction assermentée peut néanmoins être demandée. Avant de commander la traduction, demandez-lui s’il accepte une traduction libre ou s’il exige l’intervention d’un traducteur assermenté.

Quels documents traduire à la place d’un relevé bancaire ?

Lorsqu’un relevé bancaire n’est pas demandé ou qu’un autre justificatif de ressources suffit à constituer le dossier, il est souvent préférable de faire traduire ce justificatif plutôt qu’un relevé détaillant toutes les opérations bancaires. 

Selon la situation du candidat, il peut s’agir :

  • des derniers bulletins de salaire ;
  • du dernier avis d’imposition ;
  • d’un contrat de travail ;
  • d’une attestation de l’employeur ;
  • d’un justificatif de pension ou de prestations ;
  • d’une attestation de ressources établie par un comptable ;
  • d’un avis d’attribution de bourse ;
  • d’un document fiscal étranger ;
  • des justificatifs de revenus du garant.

En France, la réglementation énumère précisément les justificatifs de ressources admis dans un dossier de location. Avant de faire traduire un document, le candidat doit donc vérifier qu’il figure parmi les pièces autorisées.

Quelles informations faut-il traduire sur un document bancaire ?

Lorsqu’un relevé bancaire est accepté ou demandé dans le pays concerné, la traduction doit permettre de comprendre les informations utiles figurant sur le document, notamment :

  • le nom du titulaire du compte ;
  • le nom et les coordonnées de la banque ;
  • la période couverte ;
  • la devise utilisée ;
  • les soldes indiqués ;
  • les intitulés des colonnes ;
  • les principales mentions bancaires ;
  • les cachets, observations ou certifications éventuelles.

La traduction ne doit pas modifier les montants ni interpréter les opérations. Elle doit restituer fidèlement les informations visibles dans le document source.

Si le destinataire exige une traduction intégrale, toutes les mentions visibles du relevé doivent être traduites, y compris les opérations, les observations et les cachets. Avant de commander une traduction limitée à certaines pages ou informations, vérifiez que le propriétaire, l’agence ou l’organisme chargé du dossier l’accepte. 

Pour en savoir plus sur le traitement de ce type de document, consultez notre page consacrée à la traduction de relevés bancaires.

Peut-on masquer certaines opérations bancaires ?

Un relevé bancaire contient des données particulièrement sensibles : dépenses, virements, prélèvements, identité de tiers et habitudes de consommation. Il est donc légitime de vouloir limiter les informations transmises.

Toutefois, masquer ou supprimer des éléments peut rendre le document incomplet et empêcher son destinataire de l’accepter. Avant toute modification, il convient de demander :

  • si le relevé complet est réellement nécessaire ;
  • quelles informations doivent rester visibles ;
  • si une attestation bancaire peut le remplacer ;
  • si seuls le titulaire, la période et le solde sont utiles ;
  • si un autre justificatif de ressources est accepté.

Comme le rappelle l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL), un bailleur ne peut pas réclamer un relevé de compte bancaire complet au candidat. Celui-ci peut donc privilégier les justificatifs expressément autorisés pour constituer son dossier de location. 

En France, puisque le relevé de compte bancaire complet ne peut pas être exigé dans un dossier locatif privé classique, le candidat peut privilégier les justificatifs expressément prévus par les textes.

Comment préparer les documents avant leur traduction ?

Avant de transmettre les pièces au traducteur, vérifiez que :

  • toutes les pages utiles sont présentes ;
  • le document est lisible ;
  • les dates et les montants ne sont pas coupés ;
  • le nom du titulaire apparaît clairement ;
  • la période demandée est complète ;
  • la devise est identifiable ;
  • les cachets ou certifications sont visibles ;
  • les documents sont classés dans leur ordre d’origine.

Il est également conseillé de préciser au traducteur le pays de destination, le type de location et les éventuelles consignes communiquées par l’agence ou le propriétaire.

Une traduction garantit-elle l’acceptation du dossier de location ?

Non. Une traduction permet au propriétaire, à l’agence ou à l’organisme concerné de comprendre les documents étrangers, mais elle ne garantit pas l’acceptation du candidat.

Le dossier peut également être évalué selon :

  • le montant et la régularité des revenus ;
  • la situation professionnelle ;
  • le niveau du loyer ;
  • la présence d’un garant ;
  • les règles propres à l’agence ou à la résidence ;
  • la conformité des justificatifs ;
  • les garanties locatives disponibles.

En France, le candidat doit surtout fournir des pièces appartenant à la liste réglementaire. Lorsque ces documents sont établis à l’étranger, leur traduction en français peut être nécessaire pour permettre leur examen. À l’étranger, les exigences varient selon le pays et l’organisme chargé de sélectionner le locataire.

Avant de faire traduire vos relevés bancaires ou tout autre justificatif financier, demandez au destinataire quels documents sont acceptés, dans quelle langue ils doivent être présentés et si une traduction assermentée est exigée. Cette vérification évite de transmettre inutilement des données personnelles ou de commander une traduction qui ne serait pas adaptée au dossier.